"Le temps et l'espace"

(Papier Saunders Waterford, couleurs Winsor&Newton/Sennelier: Jaune Bismuth, still de grain brun, magenta Quinacridone, bleu Outremer vert)

L'avantage principal du travail par zones humides est que l'on peut conserver les repères créés par le dessin préalable et donc rester fidèle à la composition prévue au départ. Il nous offre également plus de temps pour l'évolution de notre réflexion pendant la construction de l'oeuvre.

Il arrive parfois que la mise en couleur révèle certains problèmes qui ne nous êtaient pas apparus au stade du dessin, car certaines masses prendrons plus ou moins d'importance par leur surface ainsi que par leur valeur. Il est donc très important de prendre du recul sur son travail régulièrement, de façon à pouvoir déceler certaines faiblesses de notre composition.

Ici lorsque je peins mon fond, cela met en valeur la parallèle créée entre le bord du journal et le briquet, cela ne m'avait pas sauté aux yeux lorsque mon papier était blanc !

Le travail morcelé permet de conserver le papier parfaitement blanc et donc d'obtenir des couleurs très lumineuses. Mais lorsque notre sujet possède plusieurs couleurs vives, ou simplement plusieurs zones de la même couleur vive, il faut définir celle qui sera à mettre en avant et obtenir ainsi un sens de lecture qui ne soit pas en contradiction avec les éléments de la composition. Plusieurs paramètres peuvent être pris en compte, l'étendue de la zone de couleur, son exposition à la lumière et sa tendance chaude ou froide.

Ici les jaunes de ma tasse sont très contrastés et majoritairement chauds, alors que ceux du cendrier sont à tendance froide et de valeurs modérées. Le jaune est clairement la star de cette oeuvre, et même si le rose du cendrier doit rester vif, je l'ai légèrement rompu avec sa complémentaire car il doit passer au second plan.

Le travail d'une nouvelle partie de l'oeuvre débute toujours par l'observation de ce qui l'entoure, de façon à définir quelle teinte dominante sera la plus juste.

Ici la préparation du papier journal doit mettre en valeur la luminosité des jaunes du cendrier. Pour garder une belle harmonie je travaille dans une eau légèrement teintée de still de grain brun, avec des gris violets. Le gris est composé de still de grain brun, magenta Quinacridone et de bleu outremer, celui-ci apporte une granulation très appropriée pour le rendu de texture du papier journal.

L'ombre portée du cendrier étant plus intense et très proche des jaunes vifs, elle est d'un gris plus froid, car si la complémentaire du jaune met celui-ci en valeur, c'est également le cas à l'inverse. L'ombre ne doit pas trop attirer l'attention, elle n'est pas le sujet !

 

 

Lorsque la mise en couleur de toutes les parties dont se compose l'oeuvre est terminée, vient le travail des détails et des teintes les plus sombres. C'est le moment idéal pour parachever sa composition, les contrastes les plus élevés sauront amener l'oeil du spectateur à voyager dans l'oeuvre. Certaines parties de la peinture peuvent être éclipsées par des contrastes trop élevés, et mériterons donc quelques retouches.

Les éléments graphiques noirs attirant beaucoup l'attention, j'ai donc été amenée à renforcer les effets de profondeur du cendrier et de la tasse. Forcer l'ombre aux abords du sucre, l'ombre portée de la tasse et assombrir le rose à l'intérieur du cendrier aura été suffisant pour qu'ils parviennent à reprendre le dessus.

La composition

Textures et matières

Le travail morcelé
Les couleurs vives
L'utilisation des couleurs complémentaires
Renforcer sa composition

© Tous droits réservés.